« Dis-moi docteur… »

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Dis-moi docteur …

Pour vous mesdames, Tahiti Fit Kini a consulté docteur Thai TRAN (Spécialiste Gynécologue-obstétricien) pour la rubrique « Dis-moi coach… » de cette semaine.

Zoom sur les hormones : celles-là même accusées d’éveiller nos appétits ou de provoquer de la rétention d’eau (entre autres).

1)   Période prémenstruelle et crise de boulimie, pourquoi ?

Tout d’abord, il faut définir le Syndrome prémenstruel : c’est un ensemble de signes physiques (prise de poids, ballonnement …) et psychologiques (ex : irritabilité, crise de boulimie…) qui ont pour point commun d’apparaître une semaine à 10 jours avant les règles et qui disparaissent avec elles.

Cette crise peut être expliquée, en partie, par un déséquilibre hormonal œstro-progestatif. L’augmentation relative d’œstrogènes qui ont une action insuline-like (hormone hypoglycémiante), fait que la femme est plus portée vers le sucre ou sent le besoin de manger plus pour compenser cet état de fatigue ou de manque d’énergie dû à cette sensation de pseudo-hypoglycémie.

D’autre part, l’augmentation d’œstrogènes stimule, au niveau du cerveau, le centre de l’appétit (augmentation de la sécrétion de sérotonine).

2)   Chez la femme, les hormones régulent-elles vraiment son poids ? Son humeur ? Son appétit ? Sa rétention d’eau ? Comment ?

Du fait de l’apparition plus fréquente en période pubertaire ou préménopausique et en raison de la chronologie des manifestations (apparaissent avant les règles et disparaissent avec celles-ci) font penser que les hormones sont les grands responsables.

En effet, les œstrogènes favorisent la rétention hydrosodée et la progestérone contre balance cet effet. Mais aucune étude n’a pu démontrer des variations importantes d’eau totale et le sodium au cours du syndrome prémenstruel (si la femme prend 3 kilos ou plus, c’est qu’il y a une autre pathologie sous-jacente car le syndrome prémenstruel n’explique pas cette prise de poids excessive).

La prise de poids, au cours du syndrome prémenstruel, est minime et à titre d’information, les femmes comme les hommes, notre poids varie de 1 à 2 kilos par jour dû à l’apport hydrique de notre alimentation quotidienne mais souvent exagérée par les patientes.

Plus que la prise de poids c’est, en réalité, l’impression de gonflement, d’augmentation de volume en certaines régions du corps qui est mal vécue.

Il existe une redistribution de l’eau et d’électrolytes vers certains secteurs préférentiels ventre, seins, et jambes que de rétention hydrique à proprement parler.

En ce qui concerne l’humeur (irritabilité, agressivité, crise de larmes …) : les mécanismes expliquant les troubles de l’humeur sont plus complexes et multiples.

Encore une fois, la chronologie des symptômes (apparition et disparition liée aux règles) fait que l’hypothèse du déséquilibre hormonal en faveur des œstrogènes est toujours désignée en premier. Les œstrogènes, en effet, entraine une excitabilité cérébrale en modulant la concentration des neurotransmetteurs.

Toutes les études concordent à dire que les troubles de l’humeur du Syndrome prémenstruel surviennent surtout chez les femmes ayant un contexte psychologique particulier (femme plutôt longiligne, intellectuelle, stressée, conflictuelle, problèmes familiaux ou professionnels) ou un environnement défavorable. Il apparaît donc que la période prémenstruelle favoriserait la déstabilisation psychique et extérioriserait les désordres psychologiques.

3)   Quels sont les moyens naturels ou médicaux mis à disposition pour contrôler ses hormones ?

A picture of a physio therapist trying to fix the leg over white background

Si la composante psychologique domine le tableau du syndrome prémenstruel, les méthodes naturelles ont un poids non négligeable dans l’efficacité du traitement :

  • avoir une bonne hygiène de vie : éviter tabac, alcool, les sorties nocturnes qui raccourcissent la période de sommeil …
  • éviter les situations de stress : démarches difficiles, tâches ménagères fatigantes. Expliquer à la famille et au mari, d’éviter l’affrontement et les conflits durant cette période

La pratique du sport ou la relaxation par la pratique du yoga est très efficace pour se relâcher émotionnellement, de même que les massages.

Les médecines « douces » comme l’acupuncture, l’homéopathie ou thérapie par les huiles essentielles … peuvent être réellement efficaces et sont à essayer si, d’emblée, certaines sont réticentes à un traitement hormonal.

Ces méthodes naturelles sont à privilégier dans un premier temps. En cas d’échec et si les signes physiques sont gênants, un traitement médicamenteux sera proposé (progestatifs, pilule).

Chez les femmes pratiquant la musculation et surtout en période de préparation physique avant une compétition ou en période de sèche, si les signes physiques d’ordre congestive et œdémateuse sont importants un traitement hormonal apportera une aide précieuse qu’ainsi la prise de veinotoniques qui améliorent la circulation veineuse ou un drainage lymphatique pratiquée par un kinésithérapeute.

Docteur Thai TRAN

Spécialiste
GYNECOLOGUE–OBSTETRICIEN
Ancien Interne des Hôpitaux de BESANCON
Ex – Chef de Clinique – Assistant des Hôpitaux

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